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AFFICHE_CEZO


 


 


 

Le vol de nuit, c'te galère. 10h à essayer de dormir serrés les uns contre les autres sans pouvoir allonger les jambes. Arrivés, ce qui nous frappe le plus, c'est la moiteur et la chaleur présente dès les premières heures de la journée.

Une fois que Jean Alesi, maman et papa ont récupéré les carrosses, on file vers notre gite poser nos affaires. Un gite 5 étoile presque rien que pour nous !

photo_1Le lendemain, nos 4 mousquetaires filent préparer leurs affaires au centre de course. D'un seul coup, Jean Alesi arrive le regard hagard. « J'viens de faire une Jean Alesi, les gars » !

Après quelques instants d'hésitations, Jean et JackyX filent chercher un carrossier pour essayer de réparer les dégâts. Les réunionnais ne sont pas tous prêts à nous aider et, finalement, on en trouve un qui n'arrivera qu'à rouvrir la porte. Pour le reste, c'est déclaration de sinistre obligatoire auprès du loueur ! Jean aura l'esprit noué et le sommeil fragile pendant quelques jours...Malgré tout, les préparatifs vont bon train et, après 2 ou 3 randos découverte de l'île et les différents contrôles préalables, le jour du départ se profile.

 Kours la rou à Hell Bourg

Après le transfert en bus depuis le village Corail, on retrouve Pauline qui nous apprendra la Kours la Rou. Dans la cour de l'école, toutes les équipes s'essayent et, finalement, on se débrouille pas si mal.

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L'heure du défilé protocolaire approche, Pauline nous donne ses derniers conseils. C'est la fête à Hell-Bourg. Tout le monde nous acclame, on est comme des stars…On arrive au départ du prologue où on nous donne les dernières consignes. On se répartiT les relais en fonctions de nos forces et faiblesses. C'est JackyX, avec toute son énergie, qui donne le départ dans la montée. Ensuite, un couzin Hub' surpuissant maintien l'équipe en tête de son relaiS avant de passer le témoin à Robocop qui assure la partie la plus technique dans les marches d'escalier sans encombre. Ensuite, Jean Alesi accélère dans la ligne droite (au moins ont est sûr qu'il n'y aura pas de sortie de route!!) et Pauline fini la course en laissant Robocop et JackyX loin derrière. Jusque là, tout va pour le mieux : nous terminons 10èmes devant tous les cadors ce qui nous vaudra de partir dans les premiers le lendemain.

Le départ pour le Trek 1 (106 km et 7000 D+)

On prend notre carte et on commence ce trek par une montée qui nous permettra de voir tous les cadors nous dépasser les uns après les autres. Au moins on est sûrs d'être sur la bonne route !!

photo_3On commence par une partie très dense en végétation dans une ravine assez humide. On se suit presque tous « à vue » avec plusieurs équipes pour arriver aux premiers rappels. Grâce à couzin Hub', on passe cette première zone sans encombre sauf pour JackyX qui perd sa poignée Jumar. La suite du trek sera un enchaînement de montée et descente de marches. A La Réunion, les marches ce n’est pas comme en Métropole… Ce n'est pas une hauteur de marche et un giron identiques pour toutes les marches. Naan, ici, y'a rien de régulier et parfois on escalade les marches les unes derrières les autres. Dur dur pour les cuissots mais le spectacle est exceptionnel.

Toute la première partie se fera dans le cirque de Salazie autour du piton d'Anchain. On avance à notre rythme, lent mais régulier avant d'enchainer sur le cirque de Mafate. Pendant la première nuit, alors que Robocop montre les premiers signes de sommeil, un bon choix dans l'orientation, nous permet de dépasser quelques équipes pendant l'ascension du col du Taïbit.

Avant lever du soleil, on prend 20 minutes de pause pour repartir du bon pied avant d'arriver au dernier rappel de la section par un chemin, plutôt une trace de sanglier tracée par l'orga. Parti en éclaireur, on perd Robocop qui a choisi la facilité en ne suivant pas la rubalise rose !. Arrivés au rappel, couzin Hub' rebrousse chemin pour aller la récupérer pendant que Jean Alesi et JackyX se préparent au rappel de 90m !... Wouah ! Ca brûle les mains, mais c'est impressionnant !

L’ascension du Piton des neiges

Après être ressortis des gorges du canyon, on arrive à Cilaos où on se restaure et où on profite de notre premier vrai repos avant l'ascension du toit de l'ile : le Piton des neiges. Malgré le repos, on n’avance pas bien et on atteint le refuge de la Caverne Dufour où on s'engage pour un aller-retour à la tombée de la nuit. Là-haut, quelques « randonneurs » (qui se réchauffent au rhum arrangé!) nous encouragent. On a beau être à La Réunion, fait pas chaud à presque 3100 m !

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On prend la photo et hop, on redescend au refuge, plutôt, à la caverne Dufour pour un petit dodo avant de repartir par la forêt de Belouve. Robocop est fatiguée. Très fatiguée quand avant le lever du soleil elle s'étale comme une crêpe par terre pour dormir. « Elle dort ou elle fait un comas ? » On a fait le pari d'un dodo !

Sur la carte, les distances paraissent bien courtes, mais quand on est sur place, on se rend compte que les chemins que nous fait prendre Pascal Bahuaud ne nous permettent pas d'envisager arriver à l'AT1 très rapidement. Fini les marches, mais le chemin, ou plutôt la trace est glissante, jonchée d'obstacle. On avance même pas à 1 km/h. JackyX n'arrête pas de demander où on est sur la carte et si on est bientôt à l'AT1. Couzin Hub' qui n'en peut plus de lui répondre fini par l'envoyer bouler pour être tranquille.

Après plusieurs heures sur un chemin « rifesque », on arrive à l'AT1 où on espérait plus arriver. Enfin nous arrivons à nos caisses. L'AT est sommaire : les caisses sont posées au milieu d'un champs et un jet d'eau est à disposition, mais c’est catégorique, quel bonheur d’y être.

Nous nous ravitaillons et préparons nos affaires. Nous devons enchaîner sur la première section packraft. C'est à dire qu'il faut prendre en plus des sacs à dos, les 2 bateaux, les 4 rehausseurs, les 4 pagaies, les 4 gilets de sauvetage, les 2 cordes flottantes, les lumières stroboscopiques et les 4 combinaisons (que nous allons trimbaler pour ne jamais les mettre).

En route vers Saint Benoit

Les gars sont galants et ils prennent pratiquement l’intégralité du matériel. Il faut partir sans traîner : il faut absolument arriver à un PC avant 19h. En effet, la navigation est interdite de 19h à 5h15. Et les seuls endroits où nous pouvons nous faire décompter du temps de repos sont aux AT et CP.

Le début de la section bateau est un trek pour changer. Nous devons rejoindre la rivière et trouver la zone d'embarquement. Mais ça ne se passe pas comme prévu et nous ne trouvons pas l'endroit où se sépare la rivière. Le temps nous rattrape et 19 h sonne au moment ou nous nous recalons et nous trouvons l'endroit pour embarquer. Dommage ! Surtout que nous verrons le lendemain que le CP était à moins de 20 minutes.

Nous sommes bloqués pour la nuit, mais il fait bon, il y a de l'herbe et c'est plat : parfait pour un bon sommeil réparateur. Nous étalons nos affaires pour les faire sécher et nous sortons nos duvets. Robocop s'endort immédiatement pendant que les autres gèrent les détails techniques.

photo_5La pluie nous réveille en pleine nuit. Juste pour nous obliger à ramasser en urgence tout nos affaires et tout bourrer sous les bateaux. Nous nous rendormons un peu avant que le réveil ne sonne. Il faut être prêt à embarquer à 5h15.

Au levé du jour, nous repartons. Enfin nous pouvons naviguer OUF !!! Cette section sera la section la section préférée de Robocop. Les packrafts passent partout. C est vraiment marrant. Même si à l'avant du bateau quand un vide de 2 m se présente c'est impressionnant. Il faut aller à la pêche au matos et aux raideurs éjectés du bateau assez souvent et vider le bateau après chaque rapide, mais on avance pas si mal.

La descente de cette première rivière se fait sans « trop » de difficultés (car sans difficulté n'est pas RIF). Nous débarquons où la rivière se jette dans l’océan. Nous avons un petit trek pour rejoindre la rivière suivante. Nous longeons la plage à pattes avec tout notre matériel. Les combinaisons néoprène sont mouillées, c'est lourd ! (enfin plus lourd que d'habitude). Nous croissons les filles d'endorphine et nous en profitons pour passer le bonjour à nos familles restées en métropole. Nous pensons à elles car les conjoints également vivent leur raid : ils gèrent les gosses en solo et ils ne dorment pas plus que nous car ils passent leur nuit et leur journée à nous suivre sur internet.

Nous ré-embarquons un peu plus loin. Il s'agit maintenant de remonter une rivière pleine de gros cailloux logique !

C’est à ce moment que cousin hub décide de nous faire le coup du « j’ai perdu ma carte » ! Heureusement, la team Simon passe par là et on prend en photo leur carte ! Cousin Hub découvre l’orientation à l’appareil photo (pas mal pour agrandir la zone quand c’est un peu technique !).

Nous pagayons 50 m puis nous devons débarquer et porter tout le matos dans les pierres sur 200m et ainsi de suite. Nous décidons de dégonfler les bateaux car c'est vraiment compliqué de les porter dans ces pierres. Et nous nageons quand il y a de l'eau. Nous faisons alors le triste constat que les pagaies démontées coulent et nous en perdons une en nageant. Enfin, nous arrivons au pied d'une cascade ; c'est magnifique. C’est un coin prisé par les locaux qui viennent se baigner. Ils nous regardent bizarrement lorsque nous arrivons à la nage, habillés, avec nos gros sacs à dos avec les pagaies qui dépassent des poches.

photo_6C'est le départ d'un dernier trek avec 600 de D+ pour rejoindre la dernière rivière de la section. L'orientation n'est pas toujours facile, nous rattrapons des équipes qui jardinent. Cousin hub, fait de l'orientation à la cousin hub : nous faisons les sangliers (et avec les pagaies qui dépassent du sac c'est pas facile), mais on trouve le bon chemin rapidement. S'en suit une longue marche, avec quelques demi-tour car cousin hub n'est plus dans la carte et nous commettons quelques erreurs.

La nuit tombe, le CP suivant demande encore quelques long Km. Après, il y une grosse descente d'environ 3 km, puis, une descente en rappel pour accéder à la rivière. Nous avons décidé de dormir au CP car nous ne pourrons pas embarquer avant 5h15 et apparemment il n'est pas possible au bord de la rivière. Mais la route et longue, très longue. Le long du chemin des« supportrices d'endorphine » nous rappellent que « vous êtes géniaux » et nous annonce que le CP est à 4 km. Encore 4 km!!.

C'est dur, plus personne ne parle dans l'équipe. JackyX a mal au dos. En fait, nous faisons tous la même chose : nous comptons les marquages kilométriques dessinés tous les 200 m sur la route pour savoir combien il nous reste. Il est 21h passé, il reste 2 km, lorsqu’au détour d'un virage, un restaurant est ouvert. A l’unanimité nous décidons la pause resto. Il ne reste plus grand chose au menu, car depuis la veille, toutes les équipes s’arrêtent. Le chef nous propose du civet de coq, tout le monde est ok sauf Alesi qui veut des bouchons créoles. Alesi devra manger du civet ! Rassasiés, nous repartons : le CP et un dodo nous attendent.

Enfin, le CP est là !

Nous nous préparons pour dormir : Alesi et JackyX choisissent de dormir sous la table du kiosque (avec les filles de l'équipe « Nantes 2 ») Cousin hub et Robocop se partagent une couverture de survie à coté dans l'herbe. Ce qui s'est passé sous la table, reste sous la table, mais Robocop et cousin hub ont entendu beaucoup de rires en provenance de sous la table.

Nous nous réveillons au alentour de 3h. Nous voulons être à 5h15 prêt à embarquer, la descente ne semble pas trop longue. Nous nous préparons et récupérons une pagaie auprès de l'orga. Cette pagaie n'est pas démontable, c'est pénible à porter mais ça devrait aller. Nous prenons le départ. L'orga nous prévient : la descente est difficile. La descente n'est pas difficile ; elle carrément dangereuse. Nous progressions à travers bois, le long d’une espèce de gouffre. La trace est signalée par de la rubalise et quand il faut descendre une falaise, il y a une pauvre corde pour se tenir. C'est l'horreur, nous avançons lentement, comme toutes les autres équipes. La descente est vertigineuse et en se rattrapant in extremis à un arbre pour éviter la chute, Alesi tape dans la pagaie fournie par l'orga que tenait cousin hub ; Toute l'équipe a donc regardé la pagaie tomber dans le gouffre : il faudra faire la section bateau avec une pagaie en moins. (NB : on saura à l'arrivée qu'une équipe à fait tomber un bateau dans la descente : par chance, ils l'ont retrouvé avec une heure de recherche) Le jour est levé depuis longtemps lorsque nous arrivons enfin aux cordes. Toute l'équipe est catégorique cette descente c'était n'importe quoi !

photo_7Au détour d'un rapide, nous nous retrouvons dans un groupe de bateaux encadrés par un BE. Le bateau de Cousin Hub et Robocop se faufile entre eux et les double dans un rapide. Le bateau de JackyX et Jean tente de faire de même mais lorsqu’un jeune se coince sur une pierre, le 2d packraft s'encastre dessus bloquant ainsi le passage. Et c'est un carambolage en série qui débute. Tous les autres bateaux viennent s’encastrer dans le bateau de Jackyx et Jean. Si bien que le BE est obligé de débarquer et de sortir un par un les bateaux empilés, pendant que cousin hub et Robocop rigolent de bon cœur.

L'incident clos, la navigation continue. Mais, le niveau de la rivière à baissé de 20 cm depuis la veille et les pierres affleurent. La fin de la section est pénible. Il faut sortir du bateau, le tirer se remettre dedans ressortir etc....

Il s'en faut de peu pour que JackyX ne poinçonne pas la balise : les balises sort normalement blanches et oranges, mais celle-ci était bedonnante et en maillot de bain noir alors JackyX a faillit l'ignorer.

Enfin l'AT est là et au milieu d'un stade avec nos les boites à vélos !

Nous prenons un peu de temps pour refaire les sacs et faire sécher les affaires après cette section bateau où les sacs ont baigné pendant des heures. Il fait un soleil de plomb, les vêtements sèchent rapidement. Nous nous restaurons et montons les vélos. La section suivante ne s'annonce pas longue et le dénivelé est faible. Nous pensons tous : enfin une section normale ! Nous restons presque 2 heures à cette transition mais un peu d'hygiène ca fait trop du bien. Un petit brossage de dent, un petit coup de lingette qui sent bon ca change un homme.

Vers un parc éolien…

Nous quittons l'AT en milieu d’après midi et essuyons quelques ennuis mécaniques : les vélos n’ont pas aimés l'avion et quelques détails sont a régler. Enfin, nous voici parti dans les champs de canne à sucre. Cousin hub fait de l'orientation à la cousin Hub et nous avançons rapidement; Nous remplissons les gourdes à chaque fois que c'est possible car il fait chaud. Les 20 premiers kilomètres sont avalés rapidement. Il nous reste la seconde moitié à faire lorsque la nuit tombe.

Il faut monter dans un parc éolien. Le dénivelé se corse et le cheminement aussi. Après quelques bonnes côtes, quelques hésitations et quelques demi-tours nous arrivons à l'éolienne. Il faut maintenant redescendre à Saint Rose et prendre le chemin du littoral. La progression jusque à Saint Rose ne pose pas de soucis et nous trouvons la balise juste à coté de l église épargnée par la coulée de lave.

Reste le chemin du littoral puis nous serons à l'AT. Facile (en théorie). Car en vrai, c’est l'enfer : il y a bien un panneau qui indique le chemin du littoral mais impossible de le trouver : plusieurs équipes tournent en rond. Toutes cherchent l’entrée du chemin du littoral. Nous cherchons avec elles sans succès, nous faisons demi-tour pensant nous être trompés, puis nous revenons et recherchons par un autre coté. Enfin, nous trouvons une sente : ca doit être ca ! Enfin !

Mais, c'est là que la galère commence (cette section finalement n’a rien de normal) : le chemin du littoral est une sente pédestre à flanc de falaise que l'on voit a peine avec de nombreuses falaises a passer. Et bien-sûr, nous sommes en vélo. Nous voici donc partis à pousser, porter, tirer, rarement rouler sur les vélos. JackyX en profite pour nous refaire le coup de la gamelle dans la falaise, mais comme a son habitude, il y a plus de peur que de mal.

Le chemin est dur à suivre. Il n'est pas balisé et la sente est quasi invisible. JackyX en a marre. On lutte. Mais, enfin on débouche. L'AT n'est plus très loin. Les chemins pour finir d'arriver sont roulants et enfin nous trouvons l'AT : une sorte de salle de séminaire posée au milieu de nulle-part. Nous laissons là nos vélos : l'organisation les transportera jusque au point suivant. Mais cet AT est spécial : nous n'avons pas de caisse. Seule de l'eau nous est fournie. Nos sommes crevés et nous voulons dormir avant de repartir. Nous posons 2 heures de repos. Que nous dépassons car Alesi oublie de se réveiller, heureusement que cousin Hub lui s’est réveillé…En peu de temps, nous voilà repartis au petit matin ! Une belle montée, une photo, il fait beau le moral est au beau fixe.

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Au bout d’un moment, cousin Hub s’aperçoit qu’il n’a plus son appareil photo ! Il fait demi-tour, puis nous rejoint rapidement avec son appareil. Le long des falaises, les plages, sur les pierres volcaniques la progression n’est pas rapide.

Au bout de quelques heures, nous sommes rejoins par l’équipe de la famille Simon avec Anne, son fils et ses 2 frères. Elle nous apprend qu’elle ne finira pas la course car elle a chopé une infection grave au genou !

Au bout d’une montée longue, dure et raide, c’est enfin la descentephoto_8… taillée dans la pente avec des cordes de temps en temps ! Nous mettons les casques car des cailloux dégringolent, puis nous attaquons les fameuses coulées de lave… très abrasives comme des ressorts ! Il faut faire très attention, la moindre chute ou juste poser les mains peut engendrer des entailles profondes. Sur les falaises, des sentes se dessinent de partout il faut rester au bord sans tomber, bref la progression reste difficile. Sur l’autre coulée, la partie est très arrondie et lisse et beaucoup moins contraignante pour marcher !

Nous arrivons enfin au CP et là c’est le drame ! On nous annonce que nous sommes régulés pour 5 petites minutes (alors qu’il n’y avait rien d’indiqué sur le road book à cet endroit !).

C’est les boules, Cousin Hub et Alesi explosent de colère.

Tout en se changeant pour la suite, Robocop et JackyX nous expliquent que cela arrive souvent sur les raids longs mais Cousin Hub et Alesi ne veulent pas être régulés ! L’engueulade entre nos 4 mousquetaires éclate car pas d’accord sur la suite à donner. Nous partons en mode dispersé à vélo sur la route pour rejoindre la section 5. On prend le temps de s’arrêter à un bar à Takamata. Le patron nous propose alors boissons et glace maison pour quelques euros, cela nous fera oublier un peu la déception… et de faire un point sur nos désaccords du moment.

Quand soudain, revirement de situation : papa (de cousin Hub, aussi bénévole) nous cherche en catastrophe, il nous faut rejoindre rapidement le CP5.

Surprise ! L’organisation a décidé de nous faire repartir sur la Full-Course !

L’ascension du Piton de la Fournaise

 Motivés comme jamais et surtout chouchoutés par papa et maman, nous repartons 15 min plus tard à bloc.

3 km plus tard, première pause pour Robocop, on repart en la tractant. Le rythme est bon jusqu’à l’arrivée de la pluie qui va un peu perturber nos plans.

Nous sortons les Gore-tex, et continuons notre progression. A 1100m, il fait nuit et le temps se gâte. Nous croisons alors 2 équipes qui font demi-tour … on se dit qu’il serait peut-être préférable de faire pareil, mais Robocop prend les rênes et nous impose de stopper là et de sortir le dothy-bag….

La nuit a été dure pour Alesi qui se sent claustro’ sous cette toile, il n’arrête pas de bouger et de sortir respirer dehors. Quand on est 4 emmitouflés comme une couvée de chiots qui vient de naitre, le moindre mouvement fait effet de dominos !! Le jour se lève, le choix a été bon, on remballe tout et nous voilà partis à l’assaut du volcan.

La pluie ne s’est quasiment pas arrêtée et redouble de force. La montée fut longue, mais, heureusement, nous avons été accompagnés par un autochtone en tong qui sautait de rocher en rocher puis par un chien perdu qui nous suivra jusqu’au sommet. Quand enfin nous arrivons à la balise 1 nous sommes shuntés par l’organisation (telle une brigade de la BAC interpellant une bande de voyous au Val Fourré !) car la météo est trop mauvaise pour monter au sommet ! Nous sommes guidés vers le départ du VTT… et devons abandonner notre nouvel ami chien que cousin Hub’ regrettera longtemps !

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 Retour vers la chaleur…

 Départ de 2200m pour descendre au bord de l’océan par la route ! Sacrée descente ! Cousin hub nous fait même passer par la 2x2 voies sur la bande d‘arrêt d’urgence et de nuit !

 Nous arrivons à l’AT de Saint Pierre et retrouvons nos caisses. Il est 20h. Théorie : Allez une petite marche d’1H30 dans une rivière « Galets » sèches et on se bouffe notre 3ème dark zone donc gros dodo en prévision. Dans les faits, avec la fatigue, on s’est planté lors d’une transition et nous n’avons pas nos baudriers … pour faire 30m de rappel ça risque de ne pas le faire. Comme nous sommes les derniers, les bénévoles pressés de lever le poste, nous font amener (plus rapidement qu’un chronopost) notre matos. Finalement nous mettrons 3h pour faire 2km à sauter de rochers en bloc et à zigzaguer entre les carcasses de vélo et les pneus de voiture de ce magnifique « canyon poubelle ». Alesi aura bien aidé la princesse « Robocop » en lui tenant la main tout du long pour l’aider à franchir les obstacles.

Arrivé à l’AT, départ kayak de mer. On apprend avec soulagement que la section est réduite de 34 à 17km car la mer est démontée. Yes ! On a bien le temps de savourer les pizzas livrées par nos sauveurs. Punaise qu’elles font du bien !! Encore une fois papa et maman ont participé avec leur précieuse bienveillance à ce que nos XTTR continuent à aller de l’avant. Heureusement notre flic a fait appliquer la loi de l’égalité, sinon l’apôtre de Jeff (JackyX) aurait mangé sans scrupule la part des autres … le paquet de fraise Tagada à part contre, lui, échappé à la vigilance de Robocop.

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 Nous sommes transportés en mini-bus à la Saline, nous enfilons nos duvets à 2H du mat, un peu plus tard pour cousin hub qui tracera l’itinéraire de l’ultime VTT’O. Réveil 5H du mat pour un départ groupé (environ 15 équipes) à 6H. Heu … réveil 5H50, nous voyons toutes les équipes sur la plage prêtes à partir. On se sort les doigts et rangeons notre campement de gitans en 20 minutes. Grâce au retard de l’orga, nous partons avec la masse pour le kayak.

Contrairement à la Galice nous n’entendrons pas le bruit des mouettes, la mer est bien agitée. Une fois de plus, JackyX nous impressionne par sa progression dans cette discipline. Avec sa prépa il nous a tous bluffé ! Bon faut dire qu’avec ce qu’il s’était passé en Galice il partait de loin en kayak. Des creux de 3m selon les manifestants, 1m selon la police ; juste ce qu’il faut pour donner la gerbe à cousin hub.

En passant par le Maïdo, Ca sent l’odeur de l’écurie

Avec une transition « sableuse » ce sont JackyX et Alesi qui sont à l’orientation. photo_13Eh oui, nous allons finir se raid sans nouveau shunt donc autant faire tourner les orienteurs pour que chacun progresse. Nous partons pour affronter un mur en VTT, sur les 700 premiers de D+, sur la route, nous faisons plus de la moitié à pousser voire porter le vélo. Un régale en plein cañar ! Les 1400 suivants passeront bien mieux. D’ailleurs Alesi et cousin hub se feront un challenge à qui fera le plus fumer son tire minette.

Arrivé au Maïdo on se dit que le plus dur est fait, qu’il va juste falloir gérer la descente de nuit. C’est là que la chaussure de JackyX s’ouvre : la semelle se décolle presque totalement, ne tenant que par le talon.

Passage au stand, nous lui mettons un max de serre-flex pour renforcer sa chaussure « qui parle ». Ok on a tellement serré comme des mules que ça lui a coupé la circulation sanguine mais au moins la grole aura tenu … enfin bon il en chiait tellement à déclipser au moment de poser le pied qu’il a rajouté une trentaine de chutes à son actif. La rumeur raconte que, tellement il jurait contre sa chaussure, cousin hub et Alesi ont pris de l’avance pour ne pas entendre le « brame du cerf ». Robocop, par contre, est bien restée à ses côtés et ils se sont fait une course de déambulateurs à côté de leur VTT. Ces 1000 de D- bien techniques terminés (3h au moins), on attaque la dernière carte du raid. Un bon soulagement. La fin du carnage est proche ! Une fois de plus, la pratique aurait pu être différente : une bonne carte bien fausse et c’est tout l’engrenage qui se détracte. Heureusement cousin hub à repris la carte (JackyX devait plutôt consacrer son attention à maitriser le déchaussage) et a su déjouer les pièges … même si quelques A/R sont à mettre à son actif.

La patrouille XTTR a ainsi pu rattraper (déposer !) toutes les équipes qui nous avaient doublé dans la descente technique. Ce n’est pas beau, mais putain que ça nous a fait du bien de voir des équipes dans le dur ! On passera rapidement, à 2h du mat, chez un local à consulter le live du RIF pour nous relocaliser.

 Dernière section : évidemment facile !

Bim on attaque les 5km de packraft, ultime session. On va rentrer entier de ce stage de survie ! On suit un petit ruisseau ; les 2 gamins de l’équipe veulent embarquer alors que les 2 sages les poussent à attendre un peu que le débit soit correct. Rapidement on se retrouve à l’embouchure.

Il est 4H du mat et nous apercevons nos anges gardiens qui, une fois de plus, sont là pour nous soutenir ! Il reste à négocier la sortie du port : JackyX retrouve ses vieux démons et se fait embarquer par une vague … nous sommes à 5m du bord, il y a 40cm de fond … la fatigue, l’émotion ? Non, cet homme en rut a halluciné une sirène ! Robocop la maso et cousin hub le boulimique dépassent allègrement le point de débarquement : « mais qu’est ce qu’ils foutent encore les 2 zouaves ? » « Encore JackyX qui fait son Bourvil ? » Non, rien de cela, ils avaient juste ! L’aube sera des nôtres pour l’arrivée. Une marche de 400m avec les bateaux et les sacs trop lourd et c’est champagne shower.

Sensations assez confuses dans nos têtes. Nous ne sommes ni contents ni tristes, peut être juste satisfaits d’en finir avec ce raid de la surenchère. Une chose est sûre nous sommes tous fiers de l’avoir fini, notre équipe a tenu bon, nous sommes allés au bout. Nous avons réussi à tirer profit des qualités de chacun pour que l’équipe aille au bout, c’est réellement la diversité et le mental qui a été notre force. Une fierté individuelle mais également collective, et encore plus : fier qu’XTTR soit allé faire ce championnat du monde et en sorte la tête haute. Une magnifique arche d’arrivée pour Alex et Cess qui fêtaient leur « jubilé ».

photo_14Durant la course nous savions que nous étions suivis (live RIF, FB, whatsapp). Vous nous avez fait comprendre que l’on a fait quelque chose de grand, quelque chose fou. En 2019, vous pourrez suivre XTTR sur un autre raid long … enfin bon un raid, pas un « man versus wild ».