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Cinq skieurs d’élite ont fait le déplacement à Flaine pour le Grand Massif Assaut, course organisée par les chasseurs alpins. Ils y sont partis non seulement dans une logique de performance afin de faire briller XTTR et le ski Auvergnat, mais aussi pour rigoler. Le bilan est mitigé puisqu’un seul de ces deux objectifs a été atteint. Je vous laisse deviner lequel…

Le rendez-vous pour covoiturer est donné à 14h30 à Lezoux. Le départ s’effectue donc logiquement à 15h15 après un très léger contretemps du rédacteur de ce CR qui mérite une totale indulgence. Il s’est en effet trompé de lieu de rendez-vous alors même qu’il était déjà à la bourre. Pascal et Gilles annoncent qu’on sait qui va devoir payer sa tournée : sitôt partis, ils ne parlent même pas de ski mais de bibine, j’ai peur.

On est à l’étroit dans la voiture blindée de skis et de sacs mais en ce qui me concerne c’est pas grave parce que c’est Pascal qui doit se mettre en boite à l’arrière pour rentrer. Arrivés dans notre location, il nous faut au moins 2h pour tout décharger et c’est ainsi que de « à l’étroit dans la voiture » nous passons à « à l’étroit dans le mobil-home ». Pour le temps qu’on va y passer, disons que ça fera. Première soirée, premier resto. Une pizza à partager, des pâtes, un tout petit peu d’alcool, et dodo. Demain c’est la course !

ASSAUT1Lendemain justement : le réveil sonne bien trop tôt, mais tout le monde s’active en s’habillant, déjeunant et chargeant les sacs. Je calibre mon porridge sur 2300m positifs pour être sûr de tenir toute la course. On retrouve Mathieu sur un parking en vallée afin de monter tous ensemble au départ en limitant notre impact sur la couche neigeuse, bien maigre pour ce milieu de saison. L’accueil des militaires est chaleureux et contraste fortement avec la température extérieure. Ils sont sérieux mais accueillants, et surtout nous rendent un sacré service en prêtant tout le matos de sécurité obligatoire à Gilles dont le sac est mystérieusement resté tout seul au camping juste derrière la porte d’entrée. Gros coup de pression donc, et finalement se retrouver sur la ligne de départ est paradoxalement un soulagement plutôt qu’un stress !

Enfin, on rentre dans le vif du sujet : la course. Inutile d’épiloguer longuement sur la prestation des oranges : ils terminent 28ème et 37ème sur 46 équipes, résultats honorables. Mais tout l’intérêt de ce paragraphe réside dans la réponse qu’il apporte à la question qui brûle toutes les lèvres : qui a gagné entre l’équipe Mathieu / Pascal et Gilles / David ? En effet, il faut cesser cette mascarade et arrêter de faire semblant d’ignorer la réalité :  derrière une apparente décontraction et une mise à distance de la performance, c’est entre ces deux équipes que la course se joue. Chacun feint de l’ignorer, mais au cœur de ces deux équipes, l’envie de devancer l’autre est plus forte que tout. Et je ne devrais sans doute pas en arriver à ces extrémités-là, sans preuve tangible autre que cette poche de sang et ces seringues trouvées dans la chambre de Pascal, mais le dopage n’est sans doute pas innocent dans le déroulé de la course… Quant à Mathieu, le fait qu’il soit à 80000m+ cette saison constitue en soi une attitude anti sportive puisqu’on sait qu’un athlète avec autant d’heures d’entraînement au compteur devrait se limiter aux coupes du monde pour laisser sa chance aux autres. Gilles et moi, en somme, constituons l’équipe la plus intègre, et je soupçonne même les organisateurs d’avoir pensé à nous pour le prix du fair-play. Vous aurez compris derrière l’amertume qui suinte de mes propos et qui me ronge encore tant de jours après que c’est le duo Mathieu / Pascal qui termine 28ème 20 petite minutes devant nous.

Je me console en pensant que nous avons donc profité un peu plus longtemps qu’eux du parcours de repli, assez bien pensé pour éviter d’aller en altitude et rester sous couvert des arbres et ainsi permettre à la course de se dérouler malgré des conditions météo pas tops. Seule une section sur piste de ski de fond fait un peu tâche dans cette course de ski alpi. Pour le reste, le parcours est technique à la montée comme à la descente, au grand dam d’Olivier qui s’est lancé comme un fou sur le parcours rando et qu’on a retrouvé, scène assez cocasse, alors qu’on était au coude à coude avec Mathieu et Pascal. Les 5 XTTR inscrits sur le GMA se retrouvent ensemble par hasard sur la même zone de repeautage, si c’est pas fort ça ! Olivier nous avouera par la suite qu’il en a quelque peu c**é dans la descente, et puis aussi dans la montée d’ailleurs. Il explose le dénivelé positif de la rando en refaisant plusieurs fois les mêmes conversions sur ce terrain qui a la fâcheuse manie de le renvoyer au virage d’en dessous quand il se rate.

ASSAUT2On profite presque tous du repas d’après course avant de redescendre au camping. Presque parce que Pascal est incapable d’avaler quoi que ce soit (lui qui aime tant la polenta). Il prétexte un rythme de course trop élevé pour lui et affirme que le ski alpi n’est plus de son âge. La dépense calorique étant importante sur une course, il ne se passe presque rien de l’après-midi et le repas du soir est le bienvenu. De toute façon on ne peut presque plus bouger à cinq dans le mobil-home avec tout qui sèche pendu de partout (peaux, fringues, skis…). Cela explique la fuite vers un espace plus accueillant : un bar par exemple ! Mathieu en profite pour reconstituer ses réserves hydriques, lui qui « boit du café pour lui faire boire de l’eau ». Deuxième étape, un resto sympa où on rigole d’autant plus lorsque le serveur fait du gringue à Pascal qui a par ailleurs retrouvé l’appétit face au filet mignon de porc succulent qu’on mange.

Après une nuit réparatrice et un nouveau porridge calibré quant à lui pour affronter 1000m positifs, nous partons dans le massif des Bornes pour une sortie concoctée par Mathieu qui devrait nous permettre d’atteindre le sommet de la Sous Dine et son magnifique panorama qui expliquerait qu’on y aille un autre jour au vu du temps. Mais le skieur Auvergnat sait affronter la pluie et veut profiter de son déplacement dans les Alpes coûte que coûte. Les premières centaines de mètres (positifs) sont plutôt à l’avantage d’Olivier qui profite de ses aptitudes de traileur sur ce terrain sec. Heureusement la neige arrive et nous permet de grimper skis aux pieds. On devine le Jura, le lac Léman puis viennent les nuages. En effet ça doit être beau quand il fait beau ! La descente impose un ski sanglier dans une neige trempée à souhait et Olivier nous gratifie de quelques cabrioles dont il a le secret et qui nous confirment qu’on a bien fait de le prendre avec nous pour le show ! On profite d’une pause pour faire un atelier recherche de victimes en avalanche qui a le mérite de nous permettre de savoir avec qui faire ses prochaines sorties skis et avec qui ne pas y aller. Bien entendu ces informations peuvent être partagées, moyennant finance.

L’arrivée au parking signifie le retour en Auvergne pour Pascal, Gilles et moi. On reprend la route pendant qu’Olivier retourne vers Flaine et son stage de hors-piste à la fin duquel il compte bien retourner sur la descente du GMA afin de mesurer ses progrès. Et Mathieu reste aussi dans le Alpes en planifiant ses 6 prochains mois de ski.

 

Actu David V