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LA VIDEO DU TRAIL HIVERNAL 2018

C’est à 9 h le dimanche 10 avril que sont partis les 1200 concurrents de la 31e édition du MDS, pour 37 km d’une journée chaude, venteuse dont 17 km de dunes. Pascal petit-Jean en faisait parti !

Après le premier check-point situé à la fin des dunes, nous avons suivi le lit d’une rivière asséchée puis on a filé plein sud pour 6 km de sable plat et courable et un plateau rocailleux sur un terrain plus technique. Au km 24, un des points forts du jour : la cité minière de M’Fiss, encore partiellement habitée, puis une gorge étroite, un nouveau plateau rocailleux et le dessert du jour consistait alors en une seconde section de dunes de 4 km avant le final.

PPE_au_MDSLa 2ème étape était plus courable que celle de la veille, avec plus de chaleur ressentie car moins de vent. Les quinze premiers kilomètres ont permis de s’échauffer, si je peux dire, après l’étape compliquée du premier jour. Au km 13, nous avons  laissé le village pittoresque de Taouz, avant de s‘engager dans une succession de plateaux rocailleux, zones poussiéreuses et petites dunes. Au km 32,5, après être passés par le petit village de Jdaid, il était temps pour nous de se lancer dans la grimpette du jour: 2,5 km permettant de traverser une petite montagne avant de rejoindre le bivouac.

La 3ème étape du 12 avril était plus courte (37 kms environ) que la 2ème, mais plus chaude, avec un vent léger et du terrain sablonneux, comme souvent.

La température nous assommait déjà au départ de l’étape du jour, pour les 10 premiers kilomètres alternant sable, rochers et parties roulantes. Après le premier check-point, l’itinéraire nous emmenait vers la première réelle ascension, suivie d’une descente très sablonneuse. C’était ensuite une longue section rocailleuse qui nous menait jusqu’aux superbes ruines de Ba Hallou. Les archéologues se battent sur l’origine de ces ruines, ils nous restaient alors 2 km sablonneux jusqu’à l’arrivée.

Mercredi 13 avril, gros test de moral, l’étape de 84,3 km à réaliser en 1 ou 2 jours : elle se finira tard dans la nuit pour la plupart des concurrents, dont moi également ; pour les autres il faudra repartir le lendemain. L’étape longue, avec un temps limite de 35 heures, c’est un peu le juge de paix pour l’élite, et l’ogre pour la majeure partie du peloton. Elle fait peur, d’autant plus que la température est élevée et le vent faible. Les organismes ont souffert le jour… et la nuit, voire le jour prochain.

Les points forts du jour ? Trois djebels à gravir, impressionnants vus d’en bas, un lac asséché à traverser sous un soleil de plomb en milieu d’après-midi et un bar à thé au cinquième check-point au 56 km.

On a coutume de dire qu’une fois l’étape longue passée, tout le monde verra la ligne d’arrivée finale samedi ! Encore faut-il récupérer convenablement après ces efforts extrêmes.

Beaucoup de concurrents ont poussé leur corps et leur esprit à leurs limites sur l’étape longue, pour profiter du jour de repos afin de mettre toutes les chances de leur côté sur l’étape marathon de demain. C’est bien mon cas.

Sommeil, nutrition et hydratation sont les piliers d’une bonne récupération sur cette journée de repos. 

En guise de cinquième et dernière étape chronométrée, l’étape marathon (42,2 kms) s’est avérée particulièrement sablonneuse, avec quelques parties très rapides. Comme lors de l’étape longue, deux départs ont eu lieu: la majeure partie du peloton à 7 h 15 mn, puis les 200 premiers au classement général à 8 h 30. Les températures ont été une nouvelle fois très élevées, le vent faible : l’impression de chaleur est montée !

Cette étape marathon est à l’image du reste de l’épreuve cette année : plutôt difficile. De nombreux cordons dunaires viennent casser le rythme adopté sur les portions roulantes, cassant le rythme. Cependant encore une fois l’émerveillement est au rendez-vous, le point d’orgue étant à 5 km de l’arrivée, dans un passage vallonné permettant de s’extraire des dunes.

Dernière étape, qui ne comptait pour le classement générale, le millier de coureurs a soutenu ce jour la cause des enfants souffrant du changement climatique, sous la forme d’une véritable vague bleue traversant le désert.  L’étape UNICEF était dédiée cette année à la thématique du changement climatique. Plus d'un demi-milliard d'enfants vivent dans des zones où la fréquence des inondations est extrêmement élevée, et 160 millions dans des zones sujettes à des sécheresses graves. Ces deux situations, conséquences du changement climatique, mettent directement en péril la vie de ces enfants. Les leaders de la communauté internationale seront réunis au Maroc à l'occasion de la COP22 (7 au 18 novembre 2016, Marrakech). L'UNICEF se mobilise avec ses partenaires pour faire entendre la voix des enfants. L'inaction en matière de changement climatique constitue une violation des droits de l'enfant. Agir pour limiter ces effets préjudiciables est un impératif au regard de la Convention des droits de L'Enfant.

Nous avons reçu nos médailles à l’issue de cette étape. Le parcours du jour, de 17,7 km, était majoritairement plat et roulant, excepté un djebel à franchir, et quelques passages sablonneux et de dunes, toujours sous la chaleur.

PPe_page_index_MDS_2016En conclusion, l’Xterrien est 215ème /973 concurrents classés à l’arrivée, en 39h38 à 6km/h pour les 260km du parcours.

Effectivement le MDS est une épreuve extrême sur laquelle j'ai pris beaucoup de plaisir et de grandes leçons.  Dans mon entourage actuellement, une photo fait un peu le "buzz" car elle est sur la page Facebook officiel du MDS.  Cette photo reflète bien l’effort de cette course mais  j’ai énormément gérer et je suis en super forme ! 

J’ai couru 1 à 2km/h de moins que d’habitude par sécurité alors, aucun bobo, rien au pied et tous les souvenirs en tête. Il est vrai qu'avant la grande étape de 84km, pas facile de se projeter et je pense que tous les concurrents en gardent sous le pied. Le dernier jour sur la dernière étape qui compte pour le classement générale, c’est-à-dire les 42kms, je me suis lâché et j'ai couru à ma main.

A l'arrivée, avec la chaleur, peu de vent, une étape au seuil, un photographe que je ne vois pas,  cela donne le cliché dans lequel beaucoup de concurrents se reconnaissent aujourd'hui.

C’est une aventure extrême, dans un milieu hostile, mais extrême aussi dans l’autonomie journalière : la gestion de l'eau, la récupération, le sommeil difficile sur le tapis touareg et la tente berbère, qui épuisent et usent petit à petit les organismes.

Le MDS est certes une course, mais aussi une autonomie extrême dans la gestion de la semaine !  Pour finir ce petit résumé : notre planète est belle et nous sommes tout, tout petit…

Actu Pascal Petit-Jean